Association Les Amis de L'Isle Adam

Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti

 






                                                                               Louis François Joseph

                                                                          de Bourbon Conti


    Né à Paris le 1er septembre 1734, Louis-François-Joseph a failli mourir à la naissance; d'ailleurs il resta toute sa vie d'une santé fragile. Il est baptisé le 29 novembre 1742, avec le titre de comte de la Marche, dans la chapelle du château de Versailles. Il a pour parrain le roi Louis XV et pour marraine la reine Marie Leczinska.

Le 17 mai 1750, il est fait Chevalier du Saint-Esprit dans cette même chapelle.

Il participe à la guerre de Sept ans, se trouve à la bataille glorieuse de Hastembeck, le 26 juillet 1757, et à la défaite de Creveld, le 23 juin 1758, en qualité de Lieutenant-général.

Il est alors rappelé en France par son père, qui voulait le marier avec Marie-Fortunée d'Este, fille de François-Marie, duc de Modène, et de Charlotte-Aglaé d'Orléans, troisième fille du Régent. Le contrat de mariage est signé à Milan, le 3 janvier 1759, par l’ambassadeur à la Cour de Turin, chargé des pouvoirs du prince de Conti et de son fils. Après le mariage par procuration, le comte de la Marche épouse en personne Mademoiselle de Modène, le 27 février, à Nangis-en-Brie, en présence de sa grand'mère Louise-Elisabeth, de son père le prince Louis-François et du duc de Penthièvre. Le cardinal de Luynes, aumônier de la Dauphine, donne la bénédiction nuptiale dans la chapelle du château appartenant au comte de Guerchy. Le 5 mars, la princesse de Conti douairière présente la comtesse de la Marche au Roi et à la Reine.

La mariée a presque trois ans de plus que son époux; mais elle est douée de qualités fort appréciables. Cependant la nature l'a dotée d’un visage disgracieux.

Le comte de la Marche ne tarde pas à se brouiller avec sa femme en voulant lui imposer la présence d'un fils naturel qu'il avait eu de Coraline, artiste du Théâtre Italien. A la fin de l'année 1775, les époux se séparent à l'amiable; mais cela ne devient définitif que le 12 juin 1777.

Le comte de la Marche refuse de suivre les Princes dans leurs protestations contre la suppression des Parlements, ce qui lui encourt la haine de son père. Il reste attaché à la Cour.

 

     A la mort de son père, il trouve une succession fort obérée par suite de dépenses folles. Bien qu’ayant remboursé scrupuleusement les dettes de son père, il suivra son exemple. Ainsi la chapelle funéraire qu'il fait construire dans l'église de l'Isle-Adam lui coûte 61.650 livres. Il en dépense 430.000 pour la restauration du château et 630.000 pour la construction d'écuries pouvant contenir jusqu'à 250 chevaux; ce dernier travail est exécuté de 1777 à 1780 par André, architecte-expert. Il achète le Plessis-Saint-Antoine, près la Queue-en-Brie, pour 160.000 livres, la Lande pour 200.000 et les Embalais pour 20.000. Enfin, il établit dans la ferme du Plessis-Saint-Antoine des écuries pour 200 chevaux et des chenils pour 200 chiens. En 1781, il acquiert encore la seigneurie de Champagne-sur-Oise moyennant la somme de 124.000 livres. 

Ecuries monumentales du château de L'Isle Adam 

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      Pour solder ces dépenses, il doit procéder à plusieurs ventes. En mars 1777, il vend le comté d'Alais au marquis de Castries. Le 8 avril suivant, une partie de la riche collection de tableaux, que son père avait réunie, est dispersée. La même année, Conti vend pour 166.000 livres son hôtel de Versailles, situé sur la place d'Armes (sur lequel fut construit l’Hôtel de Ville actuel). Le 21 septembre 1778, il vend le moulin de la Naze à Valmondois. En 1779, il vend pour 27.000 livres le château de Leyrit à Auvers ; en 1781, Delincourt pour 68.000 livres ; en 1782, Lattainville et deux chantiers à Paris, rue de Bellechasse et quai d'Orsay. Enfin, le 7 octobre 1783, il vend le reste de son patrimoine au comte de Provence Louis-Stanislas-Xavier, frère du Roi, comme prête nom du Roi en personne. Le contrat est signé au château de Choisy, dans l'appartement du Roi, aux conditions suivantes :

Louis XVI devait avoir la nue-propriété des seigneuries de l'Isle-Adam, Nogent, Valmondois, Parmain, Jouy-le-Comte, Champagne, Presles, Fontenelle, Boulonville, Stors, Chaumont-en-Vexin, Trie, Mouy, Méru, Mantes, Meulan, Pontoise, Auvers, Beaumont, Chambly, etc. ; mais il déclarait qu'il n'entendait point réunir ces biens au domaine de la couronne et qu'il voulait les posséder distinctement pour en disposer par la suite à son gré. Le comte de Provence, prête-nom, n'aurait que l'usufruit sa vie durant. Le prince de Conti se réservait la jouissance jusqu'à sa mort des châteaux et parcs de l'Isle-Adam, Stors, Trie, avec le droit de chasse et de pêche dans les forêts et rivières de l'Isle-Adam et autres terres du Vexin. Le Roi devait lui payer un capital de 1.480.000 livres ainsi que les intérêts au fur et à mesure jusqu’au paiement complet.

Conti fut un des sept Princes du sang qui prirent part à l'Assemblée des Notables à Versailles, du 22 février au 25 mai 1787, mais il n'y joua qu'un rôle secondaire. Cependant il commençait à sentir que la monarchie était menacée par la Révolution.

Le 13 juillet 1788, à la veille de la moisson, un orage de grêle ravage 60 lieues de terres fertiles autour de Paris et cause 100 millions de livres de dégâts s'ajoutant à une mauvaise récolte. Après un hiver rigoureux et tel qu'on n’en avait pas vu depuis 1709, la famine occasionne des révoltes à Pontoise, à l'Isle-Adam, à Presles, à Beaumont.

Louis XVI, cédant aux réclamations du Parlement avait, dès le 8 août 1788, annoncé pour le 1er mai prochain l'ouverture des Etats Généraux à Versailles. Le 24 janvier 1789, il adresse aux baillis ou sénéchaux les instructions prévues pour les élections.

Peu de temps avant la prise de la Bastille, le prince de Conti fait partie des personnages dénoncés comme ennemis de la patrie par les bandes révolutionnaires du Palais-Royal. Ce qui l’incite à émigrer, le 18 juillet 1789, avec le comte d'Artois et le prince de Condé. Profitant de la fuite de Conti, une troupe s'empare des canons du château de l'Isle-Adam.

Le 2 avril 1790, Conti rentre en France. Il va présenter ses respects au Roi et à la Reine ; il a alors à son chapeau la cocarde patriotique. Quelques jours après, il revient à l'Isle-Adam à la demande de ses habitants et se fait nommer commandant de la Garde Nationale.

Au mois de janvier 1792, Conti est de retour à Paris ; il séjourne rue de Grenelle, jusqu'au 10 juillet sans interruption. Le 15 octobre, il prête, devant la municipalité de Villiers-sur-Marne, le serment de maintenir de tout son pouvoir la liberté et l'égalité et de mourir en la défendant. Et il reste paisiblement à La Lande jusqu'au 7 avril 1793. Il est alors mis en état d’arrestation par un décret de la Convention du 6 avril 1993. Il doit être conduit à Marseille avec la famille des Bourbon, hormis ceux détenus au Temple. Ils arrivent à destination le 24 avril. Le 25 juin 1794, il est acquitté après plusieurs pétitions adressées à la Convention.

Le 29 avril 1795, la Convention approuve l'arrêté du Comité des finances du 5 germinal de l'an III, qui accordait la somme de 12.000 livres au citoyen Conti pour subvenir à ses besoins, en vertu d'un décret du même mois. Dans les derniers jours d'août, Conti qui a retrouvé sa liberté, revient dans sa propriété de La Lande. C'est de là qu'il adresse au Conseil des Cinq-Cents une pétition pour obtenir la levée du séquestre de ses biens. Après le Coup d'Etat du 18 fructidor (4 septembre) et le vote de la loi de déportation, il est conduit par la force armée jusqu'à la frontière d'Espagne, après avoir obtenu du Directoire une provision annuelle de 50.000 francs sur le produit de ses biens, grâce à la réclamation du chevalier Desgraviers, qui devient son légataire universel. Réfugié à Barcelone, Conti y reçoit en 1804 une provision de 100.000 francs. C'est dans cette ville qu'il meurt le 10 mars 1814 ; il est inhumé dans l'église Saint-Michel.

Trente ans après, le roi Louis-Philippe, ayant été informé que cette église doit être démolie, charge le consul de France, Ferdinand de Lesseps, de faire procéder à l'exhumation de son cousin. Le 22 mars 1844, le corps est présenté à l'église de la Merced, où il reçoit les honneurs religieux. Puis il est embarqué sur le « Lavoisier » pour être transporté à Dreux, où il arrive le 2 avril. Le même jour, il est inhumé solennellement dans la chapelle royale Saint-Louis, en présence de l'évêque, des autorités de la ville et des aumôniers de la chapelle.

Enfin, le 12 juillet 1912, par suite d'un déplacement des tombes, celle du dernier Conti est retirée du caveau circulaire et descendue dans la troisième crypte, où il repose depuis en paix.

Quant à la princesse de Conti, elle était morte bien avant son mari. En 1802, elle avait exprimé à l'archiduc Ferdinand d'Autriche, marié à sa nièce Marie-Béatrix d’Este, le désir de se retirer au couvent de la Visitation à Venise. Le 19 octobre de la même année, elle s'y installe. Au mois d'août 1803, elle est atteinte d'une pleurésie grave et, malgré les soins constants des médecins et des religieuses, elle expire le 21 septembre après avoir reçu les derniers sacrements. Elle sera inhumée dans la chapelle du couvent, devenue depuis église paroissiale.

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