Association Les Amis de L'Isle Adam

Louis-François de Bourbon-Conti

dit "le Père Prince"

 


     Né à Paris le 13 août 1717, Louis-François de Bourbon Conti ne sera baptisé que le 23 avril 1721 dans la chapelle des Tuileries. Il a pour parrain le jeune roi Louis XV et pour marraine la duchesse douairière Elisabeth-Charlotte de Bavière, veuve du duc d’Orléans, Philippe 1er.

A neuf ans, alors comte de la Marche, il est élève pensionnaire au collège Louis-le-Grand. Puis, il continue ses études dans sa famille sous la direction d'un jésuite. Il devint prince de Conti et seigneur de l'Isle-Adam à la mort de son père en 1727.

Dès le 11 décembre 1731, le mariage du jeune prince de Conti est décidé. Il épouse Louise-Diane d’Orléans, Mademoiselle de Chartres, la plus jeune des six filles du Régent et de Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan. Celle-ci est née à Paris le 27 juin 1716. Louis XV fixe la cérémonie du mariage au 22 janvier 1732. Le 21, les fiançailles sont célébrées par le cardinal. Le lendemain à midi, celui-ci donne aux fiancés la bénédiction nuptiale sous les yeux du Roi, de la Reine et du duc d'Orléans, frère de la mariée.

Nommé Chevalier du Saint-Esprit le 1er janvier 1733, le jeune Conti fait ses premières armes au début de la guerre de Succession de Pologne sous les ordres du Maréchal de Berwick. Il revient avec lui à Paris pendant que l'armée prend ses quartiers d'hiver. Au printemps suivant, il participe au siège de Philippsbourg. Nommé Maréchal de Camp le 15 juin, il écrit au Roi pour l'en remercier.

Revenu à Paris par permission spéciale du Roi, il peut assister, le 1er septembre, à la naissance de son fils Louis-François-Joseph, qui prend le titre de comte de la Marche.

En 1735, il retourne à l'armée d'Allemagne où il est promu Lieutenant-général.

Le 26 septembre 1736, la princesse de Conti meurt au château d'Issy. Son corps est embaumé et enterré dans l'église Saint-André-des-Arcs. Le prince de Conti, cruellement éprouvé par cette disparition, se retire dans son château de l'Isle-Adam où il se consacre essentiellement à la chasse. Il y restera deux ans avant de reparaître à la Cour.

Au début de la Guerre de Succession d'Autriche, il sollicite auprès du Roi, un commandement. N’obtenant pas satisfaction, il part sans autorisation rejoindre l'armée du Maréchal de Maillebois. Le Roi le fait mettre aux arrêts. Il obtient sa grâce par l'entremise de sa mère et peut alors faire la campagne de Bohême comme volontaire sans grade.

Le 27 mai 1743, à Deckendorf, son cheval est tué sous lui et il perd ses équipages. Pour le récompenser, le Roi lui octroie une augmentation de 36.000 livres sur son gouvernement du Poitou et, le 9 novembre, il le reçoit à Fontainebleau.

Le 1er février 1744, Conti est mis à la tête d'une armée de 30.000 hommes pour faire campagne avec les Espagnols contre le roi de Sardaigne. Le 14 mars, il rejoint à Aix-en-Provence l'infant d'Espagne Don Philippe, qui commande en chef les deux armées réunies. Le 2 avril, Conti fait passer le Var à ses troupes, puis occupe le château d'Apremont et Nice. Le 20, il attaque le col de Villefranche. Le 22, il s'empare du fort de Pontalban et du Château-Dauphin. Au siège de Démont, le général espagnol de la Mina, effrayé par les difficultés de l'entreprise, prétend que la place est imprenable. Le Prince réplique « Ce mot n'est pas français ! ». En effet, le 17 août, la forteresse est prise. Le 30 septembre, à la bataille meurtrière de Coni, Conti charge à la tête de ses troupes, culbute une colonne ennemie sur une de ses batteries et retourne les canons contre elle. Il aura la cuirasse percée en deux endroits et deux chevaux tués sous lui. Le Prince qui est en désaccord avec le général espagnol, lève le siège de Coni et, le 9 décembre, il est de retour à Versailles.

En 1745, il prend le commandement de l'armée du Bas-Rhin où il reçoit l’ordre de rester sur la défensive et de se contenter de marches et contremarches. Le 1er mai 1746, il commande en chef sur les frontières d'Allemagne. Il s'empare de Mons le 12 juillet et de Charleroi le 1er août.

En récompense de ses bons services, Louis XV concède à Conti six pièces de canon qui orneront l'avant cour du château de l'Isle-Adam jusqu'à la Révolution.

Cependant, un grave dissentiment ayant éclaté avec le maréchal de Saxe, le prince de Conti remet son commandement, rentre en France, vend ses équipages et se retire sur ses terres de l'Isle-Adam.

Le 15 août suivant, le Prince était à Versailles, fort bien accueilli par le Roi, qui lui confère le brevet de généralissime. Mais ayant appris les récriminations du maréchal à ce sujet, il a une explication assez vive avec Louis XV. Conti dépité, plutôt que de rejoindre l’armée, préfère rester tranquillement dans son domaine de l'Isle-Adam, qu'il agrandit par plusieurs acquisitions. Ainsi, le 26 juillet 1746, il acquiert de Louis-Etienne de L’Aubespine, marquis de Verderonne, les seigneuries de Stors et de Villiers-Adam, ainsi que les fiefs de Mortefontaine à Parmain, et de Ricardville à Nointel. Le 20 avril 1748, il acquiert la terre et seigneurie de Nointel. En 1752, il achète au cardinal de Bouillon, pour cent mille livres, sa magnifique propriété de Saint-Martin de Pontoise. 

Vers la fin de cette année, Louis XV ayant besoin d'un conseil intime pour sa correspondance secrète avec les ambassadeurs, charge le prince de Conti de cette mission délicate qu'il exercera pendant dix ans.

Le 16 avril 1749, grâce à l'appui du Roi, Conti est nommé Grand Prieur de France dans l’Ordre des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Dès lors, il habite le Temple, vaste enclos dans Paris avec donjon, église, couvent et cloître, jouissant de certains privilèges et d'importants revenus. Tous les lundis, le Prince réunit, dans des soupers fameux, diverses célébrités qui ont été représentées par le peintre Michel-Barthélemy Ollivier.

Le prince de Conti, passionné de chasses, fait de son château de l'Isle-Adam un palais féerique, un centre d'attractions avec des fêtes de jour et de nuit qui attirent de nombreuses personnalités. Il était aussi un bon écrivain, un excellent orateur et un musicien habile. Il aimait les arts, les lettres et les sciences. Aussi, il protégea Jean-Jacques Rousseau en l'hébergeant dans son château de Trie. Il accorda aussi une pension viagère de 2.000 livres à Caron de Beaumarchais.

D'un caractère fier et inflexible, il ne pouvait se courber devant les prétentions de certains personnages, favoris et favorites de Louis XV. Aussi, va-t-il encourir la haine de Madame de Pompadour.

En 1744, il est parrain de la grosse cloche de l'Isle-Adam, qui porte les noms de la marraine Louise-Elisabeth, princesse douairière de Conti. Cette cloche, enrichie de divers ornements, est surmontée d'une grande frise fleurdelisée.

     Epuisé par toutes sortes d'excès, le Prince consent, un peu tard, à suivre les conseils des médecins. Ramené à Paris, vers la fin de juin 1776, il se réconcilie avec son fils, le comte de la Marche. L'avant-veille de sa mort, il reçoit la visite de l'archevêque de Paris ; mais il ne veut pas entendre parler de religion. Le 2 août, il meurt dans l'impénitence. Son corps est embaumé et le 7 il est transporté à l'Isle-Adam où on le dépose dans un caveau provisoire sous le choeur de l'église.

     L'année suivante, le jour anniversaire de sa mort, son cercueil est transféré dans la chapelle funéraire que son fils venait de faire construire à l'extrémité septentrionale du transept et qui avait été bénite la veille, sous le vocable de Saint-François.



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Médaillon funéraire de Louis François de Bourbon Conti

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